C'était officiel:
le Grand Vizir avait cessé de prendre ses petites pilules.
En fait, en cachette il les filait à ses Caniches Argentins; ça leur faisait un beau poil, ça les rendait aimables, si bien qu'il les avait même emmenés à un concours de bouclettes, incroyable mais vrai. Ca n'avait pas empêché qu'ils se ramassent lamentablement, ceci dit.
Bien évidemment ne plus les prendre avait sur lui l'effet inverse: il était devenu tout hirsute et particulièrement grossier et incohérent dans ses verbiages.
Ainsi par exemple, il s'était soudain mis à insulter le Marquis de Carabas à qui, en d'autres temps, il avait pourtant déclaré sa flamme ardente (MC je t'aime, reviens! ... Rappelez vous son Delirium Tremens). Son côté lubrique refaisait surface, de quoi faire peur au pauvre Marquis dont visiblement la chaude voix mâle provoquait une irrésistible attraction et un troublant besoin de provocation (qui c'est qui a la plus grande?) chez le Grand Vizir.
Même son proche entourage se rendait compte qu'il ressentait les dramatiques effets du manque et qu'en l'absence de traitement il devenait un danger pour lui-même et pour son pays.
Pour le bien de Foduchano, la princesse Orangina avait même du lui retirer le micro pendant plusieurs de ses harangues publiques afin d'éviter que Foduchano ne passe pour un pays de fous - la pauvre n'avait pas encore compris que de toute façon le mal était déjà fait, et depuis longtemps.
lundi 15 mars 2010
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