Il était une fois.
Faut bien commencer.
Il était une fois, donc, un drôle de pays virtuel nommé Foduchano. Ce pays sous régime totalitariste était régenté par la princesse Orangina. La jeunette cependant n'était que la marionnette de son Grand Vizir - surnommé Numéro 7 (Prisonnier de sa propre paranoïa, il rêvait chaque nuit qu'une grosse boule à tête de chat lui roulait dessus... hélas ce n'était qu'un rêve).
Le pays vivait essentiellemnent de l'élevage de caniches noirs argentins, élevage strictement réglementé par Numéro 7 qui s'estimait le seul à savoir produire de beaux specimens .
Une certaine faction s'était spécialisée dans une variété bleue, mais avait connu quelques déboires suite à une malencontreuse épidémie.... Ses membres tenaient bon malgré tout, avec la bénédiction de Numéro 7 (mais il avait fallu longtemps lui lécher les bottes pour parvenir à ce compromis).
Une autre faction s'était lancée dans une toute nouvelle variété: le caniche doré. Cela avait déclenché les foudres de Numéro 7 qui croyait dur comme fer que la couleur dorée venait du croisement avec un chihuahua péruvien.
Le docteur Coco, généticien de renom, eu beau démontrer qu'il s'agissait d'une mutation naturelle, Numéro 7 demeura imperméable à ses arguments. Il monta une campagne de lynchage - bien aidé par la mère Pittbull, une féroce ex associée de Coco qui savait toujours comment tourner sa casaque de la façon qui l'arrange le mieux. Si bien que le docteur Coco préféra fuir Foduchano, afin de poursuivre ses travaux en paix.
Mais Foduchano n'avait pas le total monopole de l'élevage du caniche noir argentin.
Un peu écoeurés par cette hégémonie dictatoriale, des petits états voisins se développaient et prospéraient tranquillement, accueillant à bras ouverts les transfuges et autres réfugiés politiques; par mesure de précaution, ils avaient toutefois tous décidé sans avoir besoin de se concerter, d'interdire de séjour sur leur territoire les dirigeants de Foduchano.... Ce qui déclencha de mémorables crises de fureur de Numéro 7.
La princesse Orangina, totalement dépassée par les débordements paranoïaques de son Grand Vizir, avait fini par devenir sa chose, et se contentait d'approuver sans trop se poser de questions, éblouie par son aura maléfique.
Numéro 7 s'ennuyait ferme dans son petit pays, car après avoir instauré une sévère censure, et fait fuir ou fait expulser ses principaux opposants politiques, il ne restait plus grand monde à Foduchano, et les habitants n'osaient plus trop s'exprimer - n'ayant que le droit de s'esbaudir devant les caniches du Grand Vizir.
Celui-ci, frustré, envieux du succès grandissant des états voisins, et aigri par la très juste constatation qu'à part ses quelques fidèles disciples, tout le monde se fichait royalement de ses caniches noirs argentins, ne trouvait qu'un petit réconfort dans la médisance perpétuelle d'autrui.
Il avait donc quelques têtes de Turc qu'il passait son temps à espionner, et essayait par tous les moyens possibles de les démolir dans l'opinion publique. Il rêvait de les voir se prosterner devant lui, et sa suffisance bornée lui permettait d'ailleurs de croire que ce jour arriverait. Il pouvait en ses oeuvres malfaisantes compter sur le soutien inconditionnel de la princesse Orangina et du reste de sa cour obséquieuse.
L'une de ses ennemies jurées, avait un jour osé prononcer en public l'Insulte Suprême; depuis, le mot "jalouconnerie" était entré dans le dictionnaire , et avait l'étrange pouvoir de provoquer une transe chez Numéro 7. Certains prétendaient même qu'en le prononçant plusieurs fois d'affilée devant lui, cela pourrrait le tuer net; personne n'avait jamais essayé....
Mais sa cible principale demeurait Celle-Dont-Il-Ne-Faut-Pas-Prononcer-Le-Nom, alias Mharry Potter (dite "une certaine" ). La mentionner devant lui suffisait à lui faire dresser les poils sur les bras.... Il nourrissait à son encontre une véritable obsession maladive, et il se passait rarement une journée sans qu'il puisse s'empêcher de parler d'elle, de son élevage de caniches argentins, de ses succès en dogshow ou du petit pays florissant où elle vivait en paix.
Des annés plus tôt, alors que tous deux vivaient encore dans l'Empire Caroleland, Mharry avait supplié Numéro 7 d'entreprendre une thérapie afin de réussir à l'oublier et de se trouver un autre sujet d'obssession; sans succès....
Tandis que Mharry continuait sa petite vie peinarde avec ses caniches argentins à Privatecountry , Numéro 7 phagocytait un autre élevage pour asseoir le sien , et prenait insidieusement les rênes à Foduchano, assouvissant ainsi un vieux rêve de pouvoir, à défaut de gloire.
Et c'est ici que notre histoire commence....
vendredi 28 août 2009
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