jeudi 17 septembre 2009

Delirium tremens

Après quelques jours de calme relatif à Foduchano, Numéro 7 émergea de sa mémorable cuite consécutive au succès inespéré du caniche argentin de la princesse Orangina à son dernier concours de Bouclettes.

Le dit caniche, issu de l'élevage du Grand Vizir en personne, faisait sa fierté par Princesse Orangina interposée. Il se réjouissait donc publiquement de sa collection grandissante de bouclettes glanées au fil des concours; mais si au lieu d'une Bouclette d'Or le caniche se contentait de remporter un prix de consolation (ou rien du tout), le Grand Vizir rappelait à tous ô combien les concours de bouclettes étaient futiles et inutiles.

Quoiqu'il en soit, ce succès -là fut l'occasion de consommer un peu trop d'absinthe de contrebande, et Numéro 7 plana quelques jours dans un état d'hébétude certain - ce qui procura de douces vacances aux habitants de Foduchano et à leurs tympans quelques peu écorchés par la répétitive Complainte du Grand Vizir; celle-ci d'ailleurs portait jusqu'aux états voisins où on étudiait des possibilités d'isolation acoustique ad hoc.

Ce petit écart de conduite avait fait entrevoir à Numéro 7 un univers totalement fantasmagorique, peuplé de grosses boules à têtes de chats roulant dans tous les sens, et s'entrechoquant avec des bruits de castagnettes tandis que jaillissaient des geysers de bouclettes dorées estampillées "made by Numero 7".... La Reconnaissance, enfin, qu'il était le meilleur éleveur de caniches argentins de Foduchano, du Monde, de l'Univers....

Le retour sur terre fut un peu brutal et lui fila un satané mal de crâne, tout en le laissant légèrement euphorique et embrumé.
Sa bouteille vide à la main, il errait dans les couloirs déserts de son palais, à la recherche d'une âme assez compatissante pour lui offrir un comprimé de paracétamol. Il en venait même à voir les fantômes de ses anciennes victimes hantant les galeries.

Croyant apercevoir le Marquis de Carabas, ancien noble conspué pour avoir eu la langue trop bien pendue, il tituba à la poursuite de son ombre imaginaire : "M.C., reviens, je t'aime! amo, amas, amare, amavi, amatum!"....
Les citations latines avaient toujours ému le Marquis, et elles le tirèrent de sa longue retraite paisible. Un seul coup d'oeil à l'épave chancelante du grand Vizir lui confirma qu'il ne s'agissait que de divagations d'ivrogne, et il eut tôt fait de repartir à couvert, non sans avoir, ultime geste de mansuétude, offert un aspro et une carte des AA à Numéro 7.

Le Grand Vizir était bien seul... Enfin pas tout à fait.
car le Petit Vizir veillait au grain....

7 commentaires:

  1. Tout en finesse, qu'elle talent !

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  2. Ouééééééééééééé le Petit Vizir !! Il me tardait de le voir ce cornichon..

    AV

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  3. vraiment énorme...merci pour cette fidèle histoire

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  4. Le grand vizir aime la gente humaine, et l'humanité, c'est si beau !

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  5. Excellent comme d'hab !!!
    DKF

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  6. Rassurer moi A.A. veut bien dire,amis,amies.
    Enfin je le saurais prochainement !

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